Comptes-rendus EDU.TE.CO. La première séance

Posted by Elena on janvier 26, 2009 at 2:55 .

(Elena Pasquinelli)

La première séance du séminaire EDU.TE.CO., organisé par le Groupe Compas au Département d’Etudes Cognitives (le 20 janvier, dans la salle du Pavillon Jardin du D.E.C.) a soulevé des thèmes de discussion autour des rapports entre celle qu’on peut appeler la “nouvelle vague” d’études en sciences cognitives et les approches constructivistes ou constructionnistes en éducation et apprentissage.

La “nouvelle vague” d’approches a été présentée comme un groupe non homogène d’études, et par discipline et par positions théoriques. Ce groupe se caractérise pour une critique à certaines idées attribuées aux “sciences cognitives traditionnelles”: l’identification de la cognition avec le cerveau, et de celui-ci avec un ordinateur qui opère, par des processus d’inférence, sur des représentations internes de type symbolique. La “nouvelle vague” revendique alors la nature decentrée de la cognition, en tant que ensemble de processus qui implique de manière structurelle le corps et l’environnement dans lequel  celui-ci se trouve à agir (cognition encarnée et située), les outils et technologies de l’environnement, y compris les autres êtres humains et les technologies de communication  (cognition distribuée), les processus perceptifs et moteurs qui permettent de relier le corps au monde et viceversa (cognition enactive). Cette famille variée d’approches a été mise en relation avec l’importance des aides technologiques en tant que parties intégrantes des processus cognitifs, et non simple aides à la cognition. Ensuite, elle a été comparée avec les approches, en psychologie de l’éducation et théories de l’instruction, qui plus ont mis l’accent sur l’importance de l’action (intelligence sensori-motrice, représentations enactives), au sens physique de la tangibilité des manipulations d’objets, modèles et représentations, et au sens métaphorique de la “manipulation” en tant que design et création. Ces approches s’opposent à l’idée d’éducation comme simple passage d’informations ou instructionnisme, et à la réduction de la connaissance à une forme d’exercice logique su des symboles. Toutefois, il n’y a pas de filiation (théoretique) directe ou de lien d’implication entre nouvelles approches enactives, situées, encarnées, distribuées en sciences cognitives et constructivisme au sens métaphorique en éducation. L’accent mis sur le rôle de la création pour favoriser l’apprentissage en général n’est pas derivé d’une approche spécifique en sciecnes cognitives. En même temps, le constructivisme physique est lié à la majeure tolérance épistémique et à l’accent sur action et perception propre aux “nouvelles sciences cognitives”; mais il n’y a pas de position homogène en sciences cognitives à propos du rôle des représentations symboliques en cognition humaine, donc à propos des opérations tangibles, sensorimotrices et des représentations enactives par rapport à celles symboliques (le risque de l’accent posé sur action et perception étant celui de ne pas accorder l’importance due aux processus d’anticipation et mémoire). 

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La discussion a porté sur différents arguments:

- il a été remarqué que les approches constructivistes, et en général les approches occidentaux à l’éducation (y compris Dewey) ne mettent pas l’accent sur le côté social de l’apprentissage: le rôle du maître (souligné par Vigotskij), mais surtout celui des autres elèves; l’accent porte surtout sur le développement du potentiel individuel. On s’est donc demandés comment l’attention au développement du potentiel individuel peut être intégré à l’attention pour le fonctionnement de groupe, et pour l’émergence de capacités cognitives à partir du grope (un thème qui est cher à la “nouvelle vague” en sciences cognitives);

- il a été remarqué que la “nouvelle vague” en sciences cognitives ne peut pas être considérée comme en vraie opposition par rapport aux études classiques en IA, robotique et cognition par exemple sur la mémoire et les processus d’anticipation;

- une question majeure dans l’utilisation de technologies pour la modelisation qui rendent les opérations cognitives tangibles (physiquement eou métaphoriquement) est celle du transfert des compétences acquises: quel type de compétences sont acquises à travers la simulation (plus ou moins de haute technologie)? comment ces compétences sont transférées dans d’autres domaines (fléxibilité des apprentissages)? comment ells peuvent être généralisées (généralisation des apprentissages)?

- on s’est demandés, par rapport aux approches constructionnistes présentés, quel est le rôle de la créativité (apprendre à être créatifs): peut-on apprendre à être créatifs en général? la créativité, n’est-elle plutôt spécifique à des domaines (artistique, scientifique, technologique)? 

- dans la présentation n’a pas été discutée l’oeuvre et l’approche de Lawrence Barsalou; il a été souligné comme cette approche reste capable de prendre en due compte le rôle de la mémoire et de la catégorisation, tout en soulignant les relations entre connaissance en général et perception-action. d’apprentissage.