Richard-Emmanuel Eastes a présenté aux participants du séminaire du groupe Compas une réfléxion sur la mediation scientifique et l’art.
Voir la présentation: la-dialectique-art-science-dans-la-mediation-scientifique
Le terme “mediation scientifique” substitue celui de vulgarisation. Cete substitution n’est pas seulement terminologique, mais substantielle: il s’agit de passer du deversement de connaissances sur le public, à la facilitation des contacts entre science et société, entre ceux qui produisent et ceux qui utilisent la science, avec un souci pédagogique et d’attention aux valeurs mis en jeu par la science.
Il s’agit aussi, selon la devise des Atomes Crochus, l’association créée par Richard-Emmanuel Eastes et qui s’occupe justement de mediation scientifique à travers l’art et auprès des enfants et adolescents, de transformer la science en rire, plaisir et jeu, de susciter l’appétence pour le savoir, de clarifier les valeurs sociales et éthiques impliqués par la science, de tenir compte des compétences profanes et de la communication scientifique informelle (par exemple celle de certains films).
Nous nous sommes donc démandés quels sont les rapports entre art et science, sous plusieurs points de vue, et toujours à partir de la question de la mediation scientifique:
- Les différences entre art et science: l’idée que la science soit une forme d’art paraît simpliste (la beauté des formules mathématiques); ont été cité Victor Hugo: l’art reste et ne vit pas des dépassements, alors que la science progresse; et Lévy-Leblond: l’art et la science ont des manières différentes de fabrication, individuelle et solitaire la première, de groupe la deuxième.
Nous nous sommes à ce propos intérrogés sur l’existence de mécanismes communs dans les procesus de création, peut être des processus cognitifs. Nous avons rappelé le Dana Report (2008) sur les effets de l’apprentissage de l’aart sur les autres apprentissages, comme les mathématiques, du point de vue des mécanismes cognitifs impliqués, et nous nous sommes repromis de revenir sur cette question.
- Les modalités d’interaction entre art et science. Une première forme d’interaction consiste dans l’existence d’artistes scientifiques, comme Leonardo da Vinci, Douglas Hofstadter, Primo Levi, Jules Verne, Olivier Messiaen, Jean-Claude Risset, et bien d’autres. Une deuxième forme est celle de la “science en tant qu’art”, c’est-à-dire de la science qui produit de belles images, et donc voudrait devenir une forme d’art. Encore la science peut être une forme d’inspiration pour l’art (pièces de théâtre ou autre). Mais les les études scientifiques et technologiques peuvent entrer dans le domaine de l’art aussi en fournissant des matériaux et des techniques pour l’art (il suffit de penser au cinéma et à la photographie, ou aux hologrammes). Et enfin la science peut faire de l’art son objet: étudier des oeuvres d’art, mais aussi les processus cognitifs de l’art.
Dans ce dernier cas, il s’agit des sciences de la cognition.
- Le rapport entre art et science dans la mediation scientifique. Deux manières possibles d’utiliser le rapport entre art et science en faveur de la mediation scientifique, selon Richard-Emmanuel Eastes: l’instrumentalisation (sans que cela soit caractérisé de manière négative) de l’art pour rendre la science plus digeste, ou de la science pour réer des oeuvres d’art (comme le théatre de science). Ou sinon la co-construction, où scientifiques et artistes se mettent ensemble pour produire quelque chose de nouveau et ayant une valeur en soi (comme La vie de Galilée de Brecht).
Nous avons réfléchi à d’autres manières dont l’art pourrait entrer dans la mediation scientifique, par exemple pour rendre plus évident le processus dialogique de la position d’une question et de sa réponse. Le théâtre par exemple est capable de rendre compte de cette dimension souvent oublié quand on présente des résultats scientifiques (mais pas les qustions qui les motivent).
Aussi, la narrativisation permet de raconter l’histoire de la science et des découvertes scientifiques sous forme d’un voyage à travers différentes étapes, où ce qui compte est justement le parcours et les manières dont le savoir est construit pas après pas.
Ceci aide à demonter l’image d’une science où les résultats se produisent sans détours, sans vraie histoire, où, justement, ce qui compte est le résultat et non le parcours pour y arriver.
Richard-Emmanuel Eastes nous a aussi présenté son association, les Atomes Crochus et ses activités dans les classes, qui vont des expériences de démonstration scientifique à des vrais programmes de création artistique avec les enfants des écoles et leurs enseignants autour de thèmes scientifique, dans le double but de fairte naître le plaisir pour la science et d’apprendre en jouant et dans le plaisir.
Vous pouvez vsiter leur site: