Le 19 mai, lors de la 9ème séance du séminaire EDU.TE.CO. Gabriel Ruget a exposé des réflexions fort intéressantes à partir de l’oeuvre de Aby Warburg, et en particulier de son projet de bibliothèque.
Voici quelques liens pour se familiariser avec
et son concepts de mnemosyne.
L’exposé de Gabriel Ruget a porté en effet sur la mémoire, et en particulier sur deux idées qui ont une portée significative pour l’éducation :
- la notion de mémoire externe, support à la cognition, guide à l’exploration, mais aussi guide potentiel pour des programmes éducatifs qui vont en profondeur, et suivent un parcours d’approfondissement à partir d’un noyau limité (un auteur, un thème), sur le modèle des aprcours rendus possible spar la bibliothèque de Warburg, où les textes sont classes et rapporchés physiquement sur la base de leurs relations internes
- la notion de connaissance par réactualisation, récréation, une notion chère à Warburg philosophe et histoirien de l’art.
Aby Warburg : naviguer dans une mémoire externe
Qu’est-ce que c’est qu’une mémoire externe ? Un site urbain, un site web : mémoires culturelles collectives dans lesquelles oint été déposées des mémoires collectives. Ce genre de mémoire se font par juxtaposition et montage, voisinage.
Warburg se fait promoteur d’une idée active de l’art, où pour comprendre il faut réactualiser, récréer, répéter. Et la répétition est créative. Mais aussi de la création d’une bibliothèque qui incarne ses principes esthétiques : une bibliothèque comme un lieu créatif, un générateur de sa propre exploration et qui combine des concepts.
La bibliothèque de Warburg constitue une forme de mémoire, une mémoire vive, rejouée. Mnemosyne, le grand atlas d’images qu’il constitue construit une histoire de l’art sens texte, qu’avec des images mises à côté, mais où même les espaces qui les séparent comptent.
La bibliothèque a un but éducatif, entre autres, d’auto-éducation, et son ordre représente un principe éducatif : de l’orientation de la pensée et des images on passe au mot et à l’action (4 thèmes qui représentent les 4 étages de la bibliothèque Warburg).
Ce qui est intéressant dans l’approche de Warburg est l’idée d’un montage dans lequel on se promène. Le montage suggère certaines direction d’exploration, voire les force. L’exploration n’est libre, l’ordre conduit le lecteur le long de voies déterminées. Mais même si le souci de Warburg était celui d’exprimer sa vision de l’art et de l’histoire de l’homme, si la structure des bon voisins, des livres juxtaposés pour des raisons externes, parce que cette connexion suggère des relations et des concepts ; il reste possible qu’il suggère aux lecteurs la manière de se construire leurs voisinages, leurs logiques d’ordination, et qu’il les invite à se poser des questions sur l’ordre proposé, la logique qui le soutient.
Imaginons une forme d’éducation de ce type, la bibliothèque de Warburg comme une métaphore de l’univers de la connaissance scolaire : avec le ministre de l’éducation qui dit comment naviguer dans les livres, dans les connaissances, selon trois modèles possibles :
1. se plonger dans un auteur jusqu’à épuisement
2. proposer un univers factice recoupé par des experts
3. construction chaotique mais individuante.
2. a l’air raisonnable, mais cela ne produit que des clones ; 1. et 3. deviennent aujourd’hui finalement faisables, grâce à la possibilité d’accéder via internet à des communautés d’experts, et à créer des communautés qui font sortir d’un individualisme trop restreint.
Voici les diapos de la présentation de Gabriel Ruget:
Deux approfondissements utiles, deux textes de Gabriel Ruget où est exposé le fond de la pensée qui se lit en transparence dans sa présentation.
une-interpretation-_dualiste_-des-oeuvres-tardives-de-samuel-beckett