En deux mots, dit John Traxler (Reader in Mobile Technologies for e-Learning, Director of the Applied Innovative Digital Technologies Research Group - School of Computing and IT at the University of Wolverhampton; co-auteur de deux textes sur le mobile learning, dont un dédié aux pays en voie de développement) le mlearning est un mouvement ou un groupe d’activités qui ont intéressé les USA et l’Europe au cours des 5 dernières années et qui ont l’avantage d’être réellement portables, flexibles, personnelles, comme acune forme de e-learning ’statique’ liée à des ordinateurs, infrastructures, institutions, ne pourrait l’être.
Pour entrer un peu plus dans les contenus, le m-learning est une domaine spécial du e-learning, l’apprentissage à distance via technologies éléctroniques ou digitales, qui s’appuie sur des technologies hautement portables, bien plus qu’un ordinateur portable: téléphone portable avec ou sans internet, avec ou sans GPS, PDAs, et tout autre dispositif ‘handheld’, qui se tient dans une main.
Mais selon John Traxler et Agnes Kukulska-Hulme (2007), une théorie de la mobilité devrait aller au-delà de l’aspect technologique, et du type de dispositif.
Cette approche à la mobilité est représenté par (Kakihara and Sørensen, 2002) qui, tout en décrivant l’impacte, diffusion et pratiques liées à l’utilisation du téléphone portable au Japon, prend en considération une notion élargie de mobilité qui comprend l’espace physique et le contexte (les personnes sont libres de voyager dans l’espace, apprendre entre une activité et l’autre, utiliser l’espace où ils se trouvent à un certain moment pour apprendre); le temps et le contexte: l’apprentissage devient dispersé dans le temps, se connecte et se reforce avec d’autres formes d’activité, et à travers des contextes à la fois formels et informels.
De cette manière, le concept de mobilité devient plutôt celui d’un ensemble de pratiques, en voie d’expansion dans nos vies, qu’un ensemble de technologies. Ces pratiques nous permettent d’accéder aux contenus et aux connaissances à partir de dispositifs différents, à des moments et endroits différents, de passer avec fluidité d’un contexte d’apprentissage formel à un contexte informel, d’utiliser des points d’informations ‘embedded’ dans nos villes, musées, ou de communiquer via téléphone portable à la recherche d’informations, auprès d’experts, paires, institutions.
Un nouveau endroit devient alors disposible à l’avance à travers le site web qui nous informe sur ses caractéristiques, et sur place via différents systèmes ‘embedded’ ou portables, via GPS, Google maps, messages. Ces mêmes contenus restent à dispositions sur la voie du retour, et s’enrichissent d’images et notes capturées et écrites sur place.
La mobilité est synonime de fluidité de pratiques et concerne alors:
“patterns of social interaction [that] are dynamically reshaped and renegotiated through our everyday activities significantly freed from spatial, temporal and contextual constraints” (Kakihara and Sørensen, 2002, p. 1760).
En ce qui concerne l’éducation et l’apprentissage, c’est cette fluidité qui devrait faire le centre de l’intérêt pour le m-learning, plutôt que les technologies et les dispositifs en eux-mêmes; dans la perspective plus éclairé, le but devrait être celui d’exploiter les pratiques mises à disposition par la technologie et rendues possibles seulement par la technologie :
“research attention should be directed at identifying those simple things that technology does extremely and uniquely well, and to understanding the social practices by which those new affordances become powerful educational interventions.” (Roschelle, 2003, p.268)
“Research into mobile learning then becomes the study of how the mobility of learners, augmented by personal and public technology, can contribute to the process of gaining new knowledge, skills and experience. The challenge here is to define the role of pedagogy and theory in this process.” (Kukulska-Hulme, A., Sharples, M., Milrad, M., Arnedillo-Sánchez, I. & Vavoula, G., 2009, p. 22)
De la même manière, d’après Kukulska-Hulme et Traxler (2007), les technologies mobiles ne s’associent pas de manière pribilégiée à une approche ou méthode éducationnelle plutôt qu’à une autre (par exemple constructiviste plutôt que comportamentale); elles vont à l’encontre de toutes ces pratiques éducatives et d’apprentissage qui nécessitent de formes d’apprentissage personnalisées, situées, spontanées et informelles.
Kakihara, M. and Sørensen, C. (2002) Mobility: An Extended Perspective. In: Proceedings of the 35th Hawaii International Conference on System Sciences (HICSS-35). IEEE, Big Island, Hawaii. 7th–10th January 2002, 1756–1766. PDF
Kukulska-Hulme, A., Sharples, M., Milrad, M., Arnedillo-Sánchez, I. & Vavoula, G. (2009) Innovation in Mobile Learning: A European Perspective. International Journal of Mobile and Blended Learning, 1(1), 13-35, January-March 2009. PDF
Kukulska-Hulme, A. & Traxler, J. (eds) (2005) Mobile Learning: A Handbook for Educators and Trainers, Routledge, London.
Roschelle, J. (2003). Unlocking the learning value of wireless mobile devices. Journal of Computer Assisted Learning, 19(3), 260-272.
Traxler, J. (2007). Defining, Discussing, and Evaluating Mobile Learning: The moving finger writes and having writ… International Review of Research in Open and Distance Learning, 8(2).
Bonne lecture!