MALL: M-learning et l’apprentissage des langues

Posted by Elena on août 11, 2009 at 10:37 .

Peut le simple fait de mettre l’accent sur la mobilité (des technologies, de ceux qui apprennent, des contenus) amener à de nouvelles perspectives dans le domaine de l’apprentissage, formet et/ou informel? C’est ce que Agnes Kukulska-Hulme (Professeur de Learning Technology and Communication - Institute of Educational Technology at The Open University, UK, et Co-Head of the Technology Enhanced Learning Group qui depuis 2001 s’occupe de m-learning) affirme dans ses nombreux articles dédiés au mobile learning, et plus récemment au MALL: mobile assisted language learning. 

Ou mieux: la technologie en elle-même ne peut pas déterminer une pratique éducative, même dans l’apprentissage quotidien et informel. Mais en qualité de phénomène social et culturel, elle influence aussi les pratiques; et en même temps, elle subit les influences des pratiques qui évolvent à ses côtés. Les caméra vidéo des téléphones portables enr erpésentent un cas exemplaire: leur diffusion a changé la pratique de la photo, a donnéimpulsion a de nouvelles formes de partage et de publication des photos; en même temps, les téléphones ont de plus en plus mis à disposition  des outils pour envoyer et donc partages les images ainsi capturées (voir: Spasojevic, M., Ito, M., Van House, N., Koskinen, I., Kato, F. and Okabe, D. (2005). Pervasive image capture and sharing: New social practices and implications for technology. PICS workshop at Ubicomp 2005 conference.).

Celle des pratiques, possiblement aussi éducatives, et des technologies serait donc une co-évolution. 

Si donc, d’une certaine manière, la diffusion des technologies mobiles et portables est deja en train d’influencer la manière dont les personnes apprennent, c’est maintenant aux éducateurs de participer et influencer cette évolution. 

En particulier, souligne le professeur Kukulska-Hulme, l’utilisation de ces technologies permet:

- de différencier l’enseignement par rapport aux différents besoins d’apprentissage de différents sujets;

- de rejoindre des sujets qui ne pourraient autrement participer à des formes d’éducation plus ‘localisés’.

Les pays en voie de développement seraient ainsi des cibles privilégiés de ce type de dispositifs, comme nous l’avons dit dans le post précédent, s’il est vraiment possible de les utiliser à de fins éducatifs.

Mais comment accomplir la rencontre entre mobilité et apprentissage? Et plus en particulier, qu’est-ce que ces technologies peuvent offrir dans le domaine de l’apprentissage des langues? Et comment influencer leur évolution dans ce sens?

Pour le moment, le type de dispositifs portables à disposition, et le dispositif dont l’utilisateur est en possession compte pour dessiner des perspectives et des pratiques éducatives:

- le fait de posséder un certain dispositif est différent du fait de l’emprunter, car cela change la failiarité avec la technologie

- utilisateurs en possession de plusieurs dispositifs les utiliseront de manière différente

- mais surtout, certains dispositifs sont fortement associés à des domaines d’activité spécifiques: ainsi, une consolle Nintendo DS ‘est pour jouer’, et donc, même dans le cadre d’une activité éducative, elle sera plus facilement associée à des activités d’apprendre en jouant, ou Game-Based learning (voir le Dossier Compas concernant le GBL).

Du reste, le m-learning semble s’approcher de plus en plus du gaming. Games Atelier, de la société hollandaise Waag, a produit avec succès des applications éducatives pour téléphone portable, destinées à être utilisées en ville, en exploitant les ressources du territoire et en même temps en collaborant à distance avec les copains de sa propre équipe, ou en recherchant informations et en se laissant guider par son GPS. Les applications développées ont été utilisées par exemple dans l’enseignement de l’histoire du Moyen Age de la ville d’Amsterdam (Frequency 1550). 

Ce qui donne une idée de ce que mobilité peut vouloir dire: non seulement utilisation d’un dispositif mobile, mais exploiter la mobilité de l’utilisateur qui change de location, et mobilité entre dispositifs, sujets, applications et entre virtuel et réel. De cette manière, le virtuel s’intègre au réel, en exploite les ressources en termes d’information, plutôt qu’essayer de le substituer (d’autres exemples peuvent être touvés dans l’article récent de Kukulska-Hulme:  Will mobile learning change language learning?, voir la bibliographie en bas de page).

Toutefois, les technologies mobiles et digitales plus en général ne se limitent pas à chercher leur place dans l’éducation formelle. Non seulement les contenus éducatifs peuvent être accédés en dehors du contexte scolaire, mais ils peuvent être produits, modifiés et mis à disposition indépendamment de ce contexte par les utilisateurs mêmes. Une forme d’apprentissage donc largement informel et basé sur les expériences des sujets. Par exemple grâce aux annotations, au bookmarking qui capture un ‘moment of interest’ (voir toujours Will mobile learning change language learning?) pour pouvoir continuer à approfondir plus tard, par le moyen d’un autre dispositif. 

Ainsi, deux scénarios d’utilisation du m-learning se dessinent:

- d’un côté, ceux basés sur les contenus traditionnels de l’apprentissage des langues, livrés par les nouvelles technologies mobiles

- de l’autre, ceux qui veulent dévélopper des formes nouvelles de matériaux éducatifs, mais aussi d’activités éducatives spécifiquement conçues pour des dispositifs mobiles et pour des contextes mobiles d’apprentissage (voir An Overview of Mobile Assisted Language Learning: From Content Delivery to Supported Collaboration and Interaction en bas).

Venons maintenant à l’apprentissage des langues. 

Même dans ce cas, Kukulska-Hulme souligne comment l’effet du m-learning, par rapport au e-learning ‘traditionnel’ est celui de mettre réellement l’instrument d’apprentissage dans les mains des utilisateurs, plutôt que dans celles de l’enseignant: c’est l’utilisateur qui accède spontanément, en autonomie, à des contenus, qui les échange, annote, demande conseil à ses enseignants, mais aussi à ses copains. 

Song et Fox (voir la bibliographie en bas) décrivent une forme d’utilisation du PDA pour l’apprentissage incidentel du vocabulaire de la langue anglaise. L’étude a été réalisé avec 3 étudiants de Hong Kong ou Chine d’environ 20 ans et a montré que le PDA a été utilisé pour: télécharger des dictionnaires qui peuvent être accédés plus vite que par ordinateur, partager leurs connaissances en termes de vocabulaire avec les autres, collecter des expressions, prendre des notes, chercher la signification dun mot dans un dictionnaire on-line, apprendre la prononciation, converser avec les autres copains à propos des mots inconnus. 

Juste pour donner des idées, car une étude d’observation sur trois jeunes personnes motivées à l’utilisation de la technologie est scarcement généralisable!

Une autre groupe d’idées vient d’un article de Kukulska-Hulme et S. Bull (Theory-based Support for Mobile Language Learning: Noticing and Recording en bas): il s’agit en particulier de prendre des notes d’exemples de la langue qu’on veut apprendre (quand on se trouve en présence de parlants), des notes écrites, mais aussi vocales, et des notex concernant l’observation de la manière dont ces mots ou phrases sont utilisées. La mobilité du dispositif permet de prendre des notes dans toutes situations et locations. Sa nature éléctronique permet d’ajouter des tags, et de retrouver ses notes avec une liberté impossible avec des notés écrites sur papier. 

Encore deux exemples: un environnement pour l’apprentissage du Japonais qui intéragit avec des senseurs dans l’environnement et fournit les expressions de politesse appropriées au contexte (voir How ubiquitous computing can support language learning); et un système d’apprentissage des langues qui exploite le téléphone portable en jonction avec des programmes télé (voir Designing a mobile group blog to support cultural learning et Development of a cross-platform ubiquitous language learning service via mobile phone and interactive television).

 

Bonne lecture!

 

Kukulska-Hulme, A. (2009). Will Mobile Learning Change Language Learning? ReCALL 21(2): 157–165. PDF

Kukulska-Hulme, A. & Bull, S. (2009) Theory-based Support for Mobile Language Learning: Noticing and Recording, International Journal of Interactive Mobile Technologies, 3(2), 12-18. PDF

Kukulska-Hulme, A. & Shield, L; (2008) An Overview of Mobile Assisted Language Learning: From Content Delivery to Supported Collaboration and Interaction. ReCall 20(3):271-289

Ogata, H. and Yano, Y. How Ubiquitous Computing can support Language Learning. (2003). Retrieved April 10, 2008.  

Shao, Y., Crook, C., and Koleva, B. Designing a mobile group blog to support cultural learning. mLearn’07 conference paper. Proceedings of mLearn’07, Melbourne, Australia (2007), 223-226. Retrieved April 10, 2008.

Song, Y. and Fox, R. (2008) Uses of the PDA for undergraduate students’ incidental vocabulary learning of English. ReCALL, 20(3): 290–314. PDF of presentation of the contents of the paper

 Smidts, M., Hordijk, R. and Huizenga, J. (2008) The world as a learning environment Playful and creative use of GPS and mobile technology in education. PDF