Je vous signale un article que Michelle Obama a écrit sur l’école, et plus en particulier sur les enseignants. Elle parle des enseignants d’une manière plutôt traditionnelle, come ceux qui se trouvent en face des étudiants, et elle les défint comme les personnes qui auront le plus d’influence sur ses filles, et sur les fils et filles d’Amérique :
“I can’t help but think that some of the most influential people in my daughters’ lives won’t be the ones they socialize with on the playground or read about in the pages of a book-they will be the people who stand up every day in front of their classroomss“. Ceux qui seront capables de donner à nos enfants le goût d’apprendre: “We all remember the impact a special teacher had on us-a teacher who refused to let us fall through the cracks; who pushed us and believed in us when we doubted ourselves; who sparked in us a lifelong curiosity and passion for learning. Decades later, we remember the way they made us feel and the things they inspired us to do-how they challenged us and changed our lives. So it’s not surprising that studies show that the single most important factor affecting students’ achievement is the caliber of their teachers.”
La vision de Michelle Obama est assez traditionnaliste, dans ce sens: l’éducation passe par de bons enseignants, les jeux vidéo et la TV ne sont qu’une distractions des devoirs à faire à la maison; d’ici la nécessité de requalifier le métier d’enseignant, économiquement et dans la considération publique (le métier d’enseignant ne devrait pas être le deuxième choix de sa carrière, mais un choix d’éléction), et d’impliquer les parents:
“We need parents to do their part as well to match that leadership in the classroom with leadership at home. We need to set limits and turn off the TV. We need to put away those video games and make sure that homework gets done. We need to reinforce the example that’s being set and the lessons being taught at school and make sure that learning continues at home.”
Si je trouve cette vision un peu trop traditionnaliste (sauf en ce qui concerne la réhabilitation du métier d’enseignant), la vision du futur basé sur la connaissance que Michelle Obama porpose est au contraire très convaincante:
“Today, more than ever before, we need precisely this kind of leadership in our classrooms. As the president has frequently said, in a 21st-century global economy where jobs can be shipped to any place with an Internet connection and children here in America will be competing with children around the world for the same jobs, a good education is no longer just one road to opportunity-it is the only road. And good teachers aren’t just critical for the success of our students. They are the key to the success of our economy.”
Et convaincante est aussi son image d’enseignant comme bon leader:
“And when we think about the qualities that make an outstanding teacher—boundless energy and endless patience; vision and a sense of purpose; the creativity to help us see the world in a different way; commitment to helping us discover and fulfill our potential—we realize: These are also the qualities of a great leader.”
Parmi les éléments qui me semblent plus importants, en ce moment de changements, il y a d’un côté le fait de posséder une vision et de l’autre la capacité à voir le monde d’une autre manière.
Ce sont deux principes (deux manières d’être et de faire) qui me paraissent importants bien au dela de l’école et, pour cette raison, d’autant plus importants dans un cadre de formation comme l’école (et en effet, deux caractéristiques fondamentales pour des leaders).
Avoir une vision: une vision de l’école, de son rôle dans notre société. Veut-on des étudiants et des nouvelles générations savantes, créatives, innovantes, capables d’exploiter toutes les sources d’information à leur disposition pour en créer une connaissance (car accès à l’information et connaissance ne sont point la même chose: il n’y a pas de connaissance si on ne sait pas re-utiliser son savoir dans des occasions différentes, pour résoudre d’autres problèmes)? Veut-one une école qui valorise l’individu, ses potentialités, ses passions, une école de l’empowerment? Ou bien un autre modèle? Le tout est dans le fait de le savoir, de faire un choix, même si ce n’est qu’un choix de mots d’ordre, mais elle donne une ligne directrice, une cohérence aux actions éducatives; et permet d’ancrer ces actions dans une vision de la société à venir, qu’on espère tojours meilleure.
Savoir voir le monde d’une autre manière. Peut être je l’indiquerais comme la capacité la plus belle de la cognition humaine, sa grande spécificité. Savoir voir le monde comme il n’est pas, comme il pourrait être. C’est la base de la capacité à inventer, à créer du nouveau - dans le domaine de la science et de la technique mais aussi de l’art et en générale de la production de représentaitons du monde-, mais aussi la base de la tolérance, de la capacité à vivre ensemble tout en étant tous très différents, à se mettre dans la peau des autres.
Le philosophe Ludwig Wittgenstein disait, et écrivait: Maintenant essaye de le voir de cette manière. C’est l’exercice auquel m’a soumis pendant mes années universitaires mon maître, Aldo Giorgio Gargani (et Michelle Obama a raison: on rencontre des maîtres qui changent notre vie); incéssamment: être capables de voir les choses d’une autre manière, et rester hypothétiques, possibles.
La plus belle description de cette attitude est pour moi celle de l’écrivain Robert Musil quand dans l’Homme sans qualités décrit l’attitude du subjonctif:
“But if there is a sense of reality, and no one will doubt that it has its justifications for existing, then there must also be something we can call a sense of possibility.
Whoever has it does not say, for instance: Here this or that has happened, will happen, must happen; but he invents: Here this or that might, could, or ought to happen. If he is told that something is the way it is, he will think: Well, it could probably just as well be otherwise. So the sense of possibility could be defined outright as the ability to conceive of everything there might be just as well, and to attach no more importance to what is than to what is not. The consequences of so creative a disposition can be remarkable, and may, regrettably, often make what people admire seem wrong, and what is taboo permissible, or, also, make both a matter of indifference. Such possibilists are said to inhabit a more delicate medium, a hazy medium of mist, fantasy, daydreams, and the subjunctive mood. Children who show this tendency are dealt with firmly and warned that such persons are cranks, dreamers, weaklings, know-it-alls, or troublemakers.”
Alors, bonne lecture!
Elena Pasquinelli